lundi 20 mai 2013

La prière, le soutien du faible



En tant que créature, humainement parlant, à cause du « péché originel 1» l’homme est devenu faible, fragile. Par l’amour infini que le Créateur a pour les siens, il s’est fait homme en son Fils Jésus-Christ en vue de rendre l’homme fort, le sauver et lui montrer sa valeur devant Lui malgré son péché. Cependant, la prière dont nous parlons, est devenue le flambeau  qui coud la relation ou amitié suspendue  entre Dieu et homme et le support, l’appuie de l’homme surtout dans les moments difficiles et des souffrances douloureuses ou pénibles ainsi qu’angoissantes.

Par cette incarnation, Jésus, lui-même a pris la nature humaine excepté le péché en nous donnant la valeur de la prière dans la vie humaine. Comme il était véritablement homme, placé dans l’histoire ; il perçut l’ordre de mission toujours nouveaux et différent selon les situations du moment. Il priait chaque fois à l’occasion d’un événement important. Jésus dans sa vie publique, la prière était comme sa nourriture, sa force pour pouvoir accomplir la volonté du Père.

 Les évangélistes montrent qu’avant chaque événement majeur, il prenait d’abord un temps de prière. Parfois, il passait la nuit en train de prier seul dans la solitude de la montagne ou au désert (Lc 6,12). Rappelons-nous qu’avant de choisir les douze apôtres, même avant la trahison de Judas, il s’est préparé dans la prière. Il eut soudaine conscience que son « heure » était arrivée (Jn 12,23 ; 17,1), ces heures-là sont toujours pour lui, des heures des prières spéciales 2.

La prière nous rend forte dans les circonstances de tristesse et d’angoisse. Prenons l’exemple de notre modèle Jésus Christ dans son agonie au champ de Gethsémani avec ses disciples ; il s’est forcé, il a tenu  grâce à la prière pour mieux connaître et accomplir la volonté du Père. Dans sa prière, il a dit à ses disciples : « Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi 3 » Etant allé un peu loin, il tomba contre terre en faisant cette prière : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux ». (   Mt 26, 38-39). A ce moment-là, pour encourager ses disciples, il les a conseillés de prier : « veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». À nouveau, pour la deuxième fois, il s’en alla prier : « Mon Père, dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! ». (Mt 26, 41-42).

Si la prière était inutile, Jésus n’allait pas prier à cet instant, mais, il a prié pour  retrouver encore la force de supporter, d’endurer la souffrance pénible qui l’attendait. Autrement dit, la prière est une puissance catalyseur dans toute la vie que ce soit dans la joie ou dans les épreuves. C’est pour cela que Jésus nous recommande de prier sans cesse. Celle-ci est comme l’humus qui fertilise le jardin de nos actions ou de notre vie et comme aussi l’eau qui arrose les semences 4.

La prière nous pousse à pardonner à nos frères et sœurs malgré la faiblesse humaine. Jésus sur la croix avant de rendre son âme, il a pardonné ses bourreaux : « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font » (Lc 23,34). Ainsi le Diacre Etienne dans le même esprit suivant l’exemple laissé par Jésus à tous ses disciples (Ac 7,60), il a pardonné à ses bourreaux. Cette force de pardonner ne vient pas de l’homme si non de l’Esprit Saint qui suscite en nous la force de surpasser nos limites de la mentalité humaine et nos faiblesses humaines.


C’est pour cela que le disciple Pierre, par  sa pensée humainement parlant et par sa faiblesse a demandé : « Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? » Jésus lui dit : « je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois » (Mt 18,21-22). Il a dit sept fois comme un être humain mais, Jésus  l’a répondu soixante-dix-sept fois pour dire chaque moment ou chaque jour ; les uns entendent : «  soixante-sept fois sept fois ».

Il nous arrive que nous nous sentons abandonner par Dieu en cas de souffrances, d’angoisses, de maladies et bien d’autres qui nous font souffrir, mais Jésus nous montre que Dieu est attentif à nos plaintes et nos supplications à tout moment ou dans toutes circonstances ; Voilà qu’après ses cris de souffrances corporelles comme un véritable homme : «  Mon Dieu, pourquoi m’as-tu oublié ? » il s’est livré aux mains de Dieu en ses derniers minutes : «  Père, en tes mains je remets mon esprit » (Mt 27,46).  



—————————————————


1 Le péché originel est considéré comme un état d'aliénation et une séparation de Dieu, la désobéissance de l’homme à Dieu ou une révolution de l’homme contre Dieu à la recherche d’être Dieu. Tandis que le péché  est acte par lequel une loi ou une pratique religieuse est transgressée, notamment dans les contextes judaïque, chrétien et islamique
2 Catéchisme de l’église Catholique no 2600.
3 Le psalmiste dit : « Qu’as-tu, mon  âme, à défaillir et à gémir sur moi ? Espère en Dieu : à nouveau, je lui rendrait grâce, le  salut de ma force  et mon Dieu ».
4 D. NGANKAM FOGUE, Idem.



E. Jean Claude BUGINGO, msscc


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire